Daria décrypte l’IA

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Projet ou Skill dans Claude : quelle différence ?

Et en bonus : mon skill pour corriger les tics de langage de l’IA

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Daria Viktorova
juin 09, 2026
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La semaine dernière j’ai lancé la deuxième session de mon Parcours IA pour les juristes. Un mois de formation, en petit groupe, sur les outils IA appliqués au travail juridique.

On a passé du temps sur la personnalisation de Claude : instructions personnalisées, Projets, Skills... Et à un moment, un participant m’a posé la question :

“Mais c’est quoi exactement la différence entre un Projet et un Skill ?”

Quelques jours plus tard, j’ai reçu la même question en MP sur LinkedIn.

Bref, si la question revient aussi souvent, c’est qu’elle touche quelque chose que l’interface de Claude n’explique pas bien.

Alors aujourd’hui on décrypte la différence réelle entre Projet et Skill.

Et en bonus je partagerai mon skill pour corriger les tics de langage de l’IA à mes abonnés Premium !

Pourquoi on confond les deux

La confusion est normale.

  • Les deux permettent de personnaliser Claude.

  • Les deux conservent des informations d’une conversation à l’autre.

  • Et les deux ont l’air de “configurer” l’outil pour qu’il vous connaisse mieux.

Résultat : beaucoup de gens utilisent l’un quand ils auraient besoin de l’autre. Ou les deux à la fois sans trop savoir pourquoi. Ou aucun des deux parce que la différence ne leur semble pas assez claire pour valoir l’effort de configurer.

Pour sortir de ce flou, j’ai trouvé une formule qui tient en une ligne :

Le Projet, c’est “voici ce qu’il faut savoir”. Le Skill, c’est “voici comment il faut faire”.

On va rentrer dans le détail.

Le Projet : votre espace de travail dédié

Un Projet Claude, c’est un espace autonome.

Il a son propre historique de conversations, ses propres fichiers, ses propres instructions.

Quand vous travaillez dans un Projet, Claude a accès à tout ce que vous y avez déposé et il s’en souvient d’une session à l’autre.

Voici comment j’utilise les Projets dans mon propre travail :

  • Projet “Newsletter” contient mes éditions précédentes, mes règles d’écriture, mes sujets en attente, mes sources régulières. Quand je travaille sur une nouvelle édition, je n’ai pas à tout réexpliquer. Claude sait que je vouvoie mes abonnés avec un ton proche, que mes paragraphes font trois phrases maximum…

  • Mon Projet “Formations” regroupe mes programmes, mes supports, mes retours d’apprenants. Quand je prépare une session, je pars de là.

  • Mon Projet “Veille” contient les textes que je surveille, mes notes d’analyse, les questions que mes clients me posent souvent.

J’en ai d’autres, mais dans chaque cas le rôle est le même : stocker le contexte d’un sujet précis pour ne pas avoir à le recharger à chaque conversation.

Un Projet, c’est votre dossier intelligent qui dit à Claude : voici le fond du dossier.

Le Skill : votre méthode de travail portable

Un Skill ne stocke pas du contexte, il encode une façon de faire.

C’est un dossier avec un fichier SKILL.md à l’intérieur. Vous y écrivez vos instructions, votre format préféré, vos règles de rendu, vos points de vigilance. Vous pouvez aussi y glisser des templates ou des exemples de référence.

J’ai rédigé une édition spéciale sur les Skills, vous pouvez y retrouvez quelques explications supplémentaires.

Les Skills se déclenchent automatiquement.

Claude lit la description de tous vos Skills au démarrage de chaque conversation. Dès que votre message correspond, il charge le bon Skill et applique vos instructions, sans que vous ayez à le mentionner.

Vous tapez “résume cette réunion” et Claude comprend tout seul qu’il doit activer votre Skill de résumé de réunion.

L’autre différence avec le Projet : le Skill n’est pas lié à un sujet précis. Il fonctionne dans toutes vos conversations, y compris à l’intérieur d’un Projet.

Quelques exemples de Skills que j’utilise au quotidien :

  • Skill “Anti-tics IA” : ce Skill passe deux couches de relecture sur les textes rédigés par l’IA. La première repère les mots vides, le jargon corporate, les structures en miroir et mes interdictions personnelles de style. La seconde analyse le rythme des phrases pour casser la cadence trop régulière des LLM. J’ai même un script Python qui me donne un diagnostic chiffré par catégorie. Et je vous partage ce Skill à la fin de ma newsletter.

  • Skill “Résumé de réunion” : je colle mes notes brouillon, je tape “résume cette réunion” et j’obtiens un compte-rendu structuré avec les décisions et les actions, chacune avec un responsable et une échéance. Le format ne change jamais, je n’ai jamais à le réexpliquer.

  • Skill “Legal Hallucination Checker” de Raphaël D’Assignies : quand Claude cite un article de code, une loi ou une jurisprudence, ce Skill interroge Legifrance via l’API OpenLegi pour vérifier que la référence existe vraiment, qu’elle n’est pas abrogée, que le numéro est bon.

Un Skill, c’est ma façon de travailler emballée proprement.

Une fois qu’on a compris le principe, le champ d’application est presque illimité.

En ce moment je teste par exemple la hiérarchisation entre Skills et connecteurs, dont j’ai commencé à parler dans cette édition.

Tous les connecteurs ne coûtent pas la même chose : appeler Pappers pour des informations disponibles gratuitement via les API gouvernementales, c’est payer pour rien.

On peut donc créer un Skill qui active d’abord OpenLegi pour le droit positif, puis Judilibre pour la jurisprudence et réserve les sources payantes à ce qu’on ne trouve vraiment pas ailleurs.

Claude suit cet ordre à chaque appel, sans qu’on ait besoin de le rappeler. Cette hiérarchie vit dans le Skill lui-même.

Si le sujet vous intéresse, dites-le moi et j’y consacre une édition.

Pour l'instant, revenons à la distinction de base entre le Projet et le Skill.

La règle simple pour ne plus jamais confondre

Avant de créer quoi que ce soit, posez-vous une question :

Est-ce que j’ai besoin de garder du contexte ou d’appliquer une méthode ?

Un dossier à suivre dans la durée, des documents à centraliser, un sujet sur lequel je reviens régulièrement : c’est un Projet.

Une tâche répétée que je veux toujours traiter de la même façon, avec le même format et les mêmes vérifications : c’est un Skill.

D’ailleurs, souvent j’utilise les deux.

Par exemple, mon Projet “Newsletter” contient mes éditions précédentes, mes sources, mes angles en attente. Mon Skill “Relecture newsletter” vérifie que le texte respecte mon style, mes interdictions, mon ton. Il se déclenche automatiquement quand je tape “relis cette édition”.

Anthropic le formule clairement dans sa documentation : si vous recopiez les mêmes instructions dans plusieurs Projets différents, c’est le signe qu’un Skill serait plus adapté. Si la règle est liée à un dossier précis, elle reste dans le Projet. Si elle s’applique dans plusieurs contextes, elle mérite un Skill.

J’espère que cette édition vous a donné une vision plus claire du sujet.

Place maintenant au cadeau que j’avais promis lors de notre premier webinaire sur Claude hier organisé pour mes abonnés payants.

Pour ceux qui n’ont pas encore sauté le pas vers l’abonnement Premium, c’est le bon moment.

Un conseil pratique avant de vous abonner : évitez Apple Pay. Apple prend une belle marge (30 % de frais supplémentaires!), ce qui renchérit inutilement votre abonnement. Vous pouvez passe par ce lien et payer directement par carte bancaire. Merci !

🎁 Mon Skill anti-tics IA

Je le partage avec vous : un Skill Claude qui relit un texte en français et repère les tics d’écriture de l’IA avant que vous publiiez.

Le principe est simple : Claude lance d’abord un petit script qui compte les tics catégorie par catégorie et mesure le rythme des phrases. Vous obtenez un diagnostic chiffré. Ensuite il corrige, en gardant le sens et le registre du texte d’origine.

Ce qu’il attrape :

  • les amplificateurs vides comme “fondamental”, “absolument” ou “révolutionnaire”,

  • les connecteurs trop formels (”par conséquent”, “il convient de noter”) ;

  • le jargon corporate (”apporter de la valeur”, “levier”, “synergie”) ;

  • les calques de l’anglais (”adresser un problème”, “impacter”, “faire sens”),

  • les ouvertures et conclusions toutes faites (”dans un monde en constante évolution”, “n’hésitez pas à”),

  • la ponctuation qui trahit l’IA, en particulier le tiret long et les guillemets anglais ;

  • les structures en miroir et les chiasmes,

  • le rythme trop régulier, quand toutes les phrases font la même longueur…

Ce Skill vous dit quand un texte est déjà propre, au lieu de le réécrire pour rien. Si vous voulez quand même une réécriture complète, il suffit de le demander après la vérification.

Vous pouvez aussi coller n’importe quel texte trouvé sur le web et lui demander de vérifier s’il porte des traces d’IA, avant de le republier ou de vous en inspirer.

Comment l’installer

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