Prompting : pourquoi les méthodes classiques ne suffisent plus
La différence entre savoir prompter et savoir bien configurer son IA
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Depuis plusieurs mois je présente une méthode de structuration de prompt dans mes formations sur l’IA.
Vous l'avez peut-être croisée sous différents noms : RCTF (Rôle, Contexte, Tâche, Format), RTF pour la version courte, CRAFT (Contexte, Rôle, Action, Format, Tonalité), CO-STAR (Context, Objective, Style, Tone, Audience, Response).
Les acronymes varient selon les formateurs et les outils, mais le principe reste le même : donner à l'IA les informations dont elle a besoin pour vous répondre correctement.
Je défends encore cette méthode, mais je ne l’utilise quasiment plus de cette façon.
Je vous explique pourquoi.
Ce que RCTF fait réellement
Pour moi, la méthode RCTF est une façon de structurer sa pensée avant d’écrire.
Quand on commence avec l’IA, on tape des demandes vagues (“résume ce contrat”, “rédige un mail”). L’IA fait quelque chose, souvent trop générique et on ne sait pas trop pourquoi ça ne convient pas.
RCTF oblige à se poser les bonnes questions en amont.
Rôle : à qui je m’adresse ? Quelle expertise je lui demande d’activer ?
Contexte : qu’est-ce que l’IA doit savoir sur moi, mon dossier, ma situation.
Tâche : qu’est-ce que je veux exactement ?
Format : comment je veux que ce soit rendu ?
Ce cadre aide à verbaliser ce qu’on veut et pour quelqu’un qui débute, c’est important.
Mais même avec un bon prompt, le résultat n’est jamais garanti à 100%.
L’IA est probabiliste. La même demande peut donner des réponses différentes d’une session à l’autre. Deux personnes qui envoient le même prompt obtiennent deux réponses distinctes. C’est le fonctionnement du modèle.
J'avais déjà écrit une édition complète sur ce sujet : Arrêtez de chercher le prompt magique. Si vous ne l'avez pas lue, c'est un bon complément à ce que je développe ici.
Pourquoi les modèles d'aujourd'hui ne fonctionnent plus pareil
Il y a 12 mois un bon prompt long et détaillé compensait les limites des modèles. Plus vous donniez de contexte, mieux c’était. L’IA avait besoin d’être guidée très précisément.
Les modèles actuels, Claude Sonnet 4.6, Opus 4.7 ou 4.8, GPT-5.5, Gemini Flash, sont beaucoup plus capables d’inférence. Ils comprennent ce que vous voulez à partir de peu.
Alors ça change 2 choses.
D’abord, les prompts très longs et très structurés ne donnent pas forcément de meilleurs résultats qu’une demande courte et directe. Les équipes d’Anthropic elles-mêmes recommandent maintenant d’être littéral plutôt que verbeux. Dites ce que vous voulez, précisément, sans rembourrage.
Ensuite, et c’est le point qui me semble plus important, répéter le contexte à chaque prompt est devenu une perte de temps et de tokens.
Si vous recommencez à zéro à chaque conversation, vous réécrivez les mêmes informations des dizaines de fois. Qui vous êtes, comment vous travaillez, ce que vous attendez comme format, votre secteur, votre rôle. L’IA l’oublie entre deux sessions et vous devez tout réexpliquer.
En formation, j’entends souvent les mêmes phrases à ce stade : “Je refais toujours le même prompt depuis le début”, “J’ai essayé de le sauvegarder dans un fichier texte”, “J’ai un document avec mes prompts favoris.”
Ce sont des solutions qui dépannent, mais elles ne règlent pas le vrai problème : vous portez le contexte à bout de bras, à chaque session, indéfiniment.
Il y a une autre façon de faire.
Ce que j’ai fait à la place
Je vais vous montrer comment je fais sur Claude, c'est l'outil que j'utilise au quotidien. Mais la plupart de ces approches fonctionnent aussi sur ChatGPT, Copilot, Mistral ou Gemini.
Je n’écris plus “Tu es une juriste spécialisée en droit des affaires...” en début de prompt. Ce contexte est déjà quelque part.
Les instructions personnalisées
C’est le point de départ. Dans les paramètres de votre outil d’IA, il y a une section “personnalisation” où vous pouvez écrire une fois pour toutes qui vous êtes, comment vous travaillez, ce que vous attendez comme format de réponse.
J’y ai ajouté également mes consignes sur les tics de langage IA a éviter.
Votre outil lit ces instructions à chaque conversation, quel que soit le sujet.
C’est votre profil permanent. Vous n’avez plus jamais à vous présenter.
Les Projets
Chaque axe de mon travail a son propre projet. Un pour la newsletter. Un pour les formations. Un pour ma communication sur LinkedIn. Un pour mon livre (oui, j’ai commencé à écrire mon livre, je vous en parlerai prochainement)…
Dans chaque projet, j’ai mis des instructions permanentes : rôle, mes préférences de format, ce que je veux et ce que je ne veux pas.
Ces instructions sont lues par Claude à chaque conversation dans ce projet, sans que j’aie besoin de les réécrire.
J’y ai aussi mis des documents de référence, des textes que Claude peut consulter quand c’est pertinent, sans que je les recharge à chaque fois.
Résultat : quand j’ouvre une conversation dans mon projet, Claude sait déjà qui je suis et ce que je cherche.
Les Skills
Les Skills, c’est un cran au-dessus. Ce sont des dossiers d’instructions spécialisées que Claude active automatiquement quand le contexte correspond.
J’ai un Skill pour mes comptes-rendus de réunion. Un autre pour mes synthèses de veille. Un pour diminuer les hallucinations de l’IA. Un pour le format de mes éditions de newsletter…
Je n’ai pas besoin d’expliquer le format attendu à chaque fois. C’est déjà écrit dans le Skill. Claude le charge et l’applique.
Ce que ça change : je tape “résume cette réunion” et j’obtiens directement un compte-rendu structuré avec décisions et actions, dans le format que j’ai défini une fois pour toutes. Pas de “format : tableau, colonnes : décision / responsable / échéance”. C’est déjà là.
J’ai rédigé une édition spéciale sur les Skills.
Les tâches planifiées dans Cowork
Claude Cowork nous permet de créer les tâches planifiées pour certaines tâches récurrentes.
Par exemple, j'ai configuré une veille juridique hebdomadaire.
Chaque lundi matin, Claude parcourt mes sources, identifie les nouvelles publications sur les thèmes que j'ai définis et me livre un résumé structuré directement dans Cowork.
D’ailleurs, je viens de voir ce message de la part de Claude :
Si vous voulez tester Claude Cowork gratuitement pendant 7 jours, vous pouvez utilisez mon lien d’invitation.
Premier arrivé, premier servi !
J’ai aussi écrit un guide sur Cowork si vous voulez creuser.
Alors, RCTF : à garder ou à jeter ?
À garder, mais pas comme une fin en soi.
La méthode RCTF est un point de départ, un outil pédagogique pour comprendre comment l’IA fonctionne et pourquoi le contexte compte.
Une fois que vous avez intégré ça, vous pouvez arrêter d’écrire les quatre blocs dans chaque prompt. Vous allez comprendre facilement où mettre ces informations autrement : dans un projet, dans un Skill, dans la configuration d’un assistant.
La progression logique ressemble à ça :
Niveau 1 : vous découvrez l’IA
Vous apprenez à structurer vos demandes. RCTF vous aide à ne pas taper des requêtes vagues, chaque prompt est réfléchi.
Niveau 2 : vous utilisez l’IA régulièrement
Vous avez des tâches récurrentes, vous répétez les mêmes contextes. Là, les Projets et les instructions personnalisées font gagner du temps.
Niveau 3 : l’IA est intégrée dans votre façon de travailler
Vous avez des Skills pour vos workflows habituels. Des assistants/agents IA pour vos dossiers longs. Vous ne configurez plus à chaque fois, c’est déjà en place.
L’IA devient moins un outil qu’on interroge et plus un environnement dans lequel on travaille. Le prompt est le déclencheur, mais la qualité du résultat dépend surtout de ce que vous avez construit autour.
C’est exactement ce dont je vais vous parler lors de mon prochain webinaire.
Webinaire “Daria décrypte Claude” lundi 8 juin à 12h30
Un format live réservé à mes abonnés payants.
Je vous montre comment j’utilise Claude au quotidien. Ce qui fonctionne, ce qui a des limites, comment je structure mon usage pour rester efficace sans y passer mes nuits. Skills, projets, connecteurs, instructions personnalisées… toutes les coulisses.
Questions ouvertes en fin de session.
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Je propose 2 formats de formation :
Formation intra pour les directions juridiques et cabinet d’avocats, sur mesure selon vos besoins et vos outils.
Parcours IA pour les juristes : 4 ateliers en petit groupe + échanges dans un groupe privé. La session de juin est complète. Une nouvelle session est prévue en septembre. Inscrivez-vous sur la liste d’attente.
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A très vite,
Daria






C’est vrai, j’utilise de moins en moins cette méthode même si je trouve qu’elle est efficace.
Ok parfait, bon je sais pas si je suis dans le contexte , j’ai une cinquantaine de projet ouvert sur Claude, lorsque je cherche un projet sur lequel travailler je passe plus de temps à le chercher que d'écrire un prompt sur ce que je cherche à faire, bon sur les projet Claude remonte sur toutes les conversation, ca consomme plus de tokens alors je vais au plus simple nouvelle conversation, bah faut peut être que je m'organise différemment , pour la personnalisation c’est top. Signature et fonction sur chaque document produit, les contraintes et conditions sont respectées et ca me va, merci pour votre article